Inflammation
L’inflammation est une réponse coordonnée des tissus vascularisés à une lésion, à un agent infectieux ou à une substance étrangère. Chez les poissons, elle associe des changements vasculaires, le recrutement de leucocytes et des médiateurs qui contribuent à contenir l’agression, éliminer les débris et engager la réparation. Elle peut être protectrice, mais aussi endommager les tissus lorsqu’elle est excessive ou persistante.
Déroulement chez les poissons
La réaction immunitaire innée intervient rapidement. Les signaux issus de cellules lésées ou de microorganismes favorisent notamment la vasodilatation, l’augmentation de la perméabilité, l’œdème et la migration de phagocytes. Les neutrophiles sont souvent recrutés précocement, puis les macrophages participent à l’élimination des débris et à la résolution. Une inflammation chronique peut comporter des macrophages, des cellules géantes et une organisation granulomateuse.
Les quatre signes classiques décrits chez les mammifères — rougeur, chaleur, douleur et tuméfaction — ne sont pas tous directement observables ni interprétables de la même façon chez un poisson ectotherme. L’histologie emploie des critères tels que l’infiltrat cellulaire, l’œdème, la congestion, la nécrose ou la fibrine.
Interprétation diagnostique
Une inflammation est une lésion, pas une cause. Elle peut accompagner une infection, un parasite, un traumatisme, un toxique ou un corps étranger. À l’inverse, un amas de macrophages pigmentés normal ne prouve pas une inflammation. Le diagnostic exige la localisation, la durée probable, le type cellulaire dominant, les lésions associées et la recherche de l’agent causal.
Références
- Wolf JC et al. Nonlesions, misdiagnoses, missed diagnoses, and other interpretive challenges in fish histopathology studies. Toxicologic Pathology. 2015;43:297-325. 10.1177/0192623314540229
- Harvie EA, Huttenlocher A. Neutrophil development, migration, and function in teleost fish. Biology. 2015;4:715-734. 10.3390/biology4040715